Construire dans un parc naturel régional
Les cultures, les époques, les manières de vivre et de travailler guident la façon qu’ont les hommes de concevoir et de construire leurs maisons. Le confort est assuré quand le logement a été façonné à la mesure des désirs fondamentaux et des gestes quotidiens de ceux qui y vivent. Construire une demeure réussie, c’est s’interroger sur sa propre manière d’habiter, indépendamment des modèles en vogue ou des images dans les revues d’architecture. C’est aussi être attentif au site, pour s’installer en accord étroit avec le paysage. Car si la maison est un espace privé, elle s’inscrit toujours de manière publique dans un lieu qui raconte une histoire, histoire dont la conception du projet ne peut que s’enrichir. Dans les Parcs naturels régionaux, cette démarche sensible est précieuse pour construire aujourd’hui comme hier des maisons en harmonie avec des espaces habités de qualité.
Hier, une architecture sans architectes
Jusqu’au 20 siècle, en montagne, la plupart des maisons en montagne étaient alors construites principalement avec des
matériaux de proximité. A ces matériaux correspondaient des
savoir-faire de constructeurs,
transmis de père en fils, et des
modèles locaux,
reproduits au fil des générations. Face aux contraintes climatiques ou topographiques, les bâtisseurs mettaient ainsi en œuvre
des réponses techniques en nombre restreint.
Chaque
société locale était relativement
homogène. Le contrôle social y était fort, du fait des
habitudes culturelles et de
lois coutumières fondées sur les pratiques et les usages. Le mode de vie agropastoral liait alors les
lieux de vie et les
lieux de travail, souvent très proches, voire abrités sous un même toit. Les montagnards partageaient entre eux
une culture fondée sur un rapport existentiel à la nature, entretenant avec leur « pays »une forte relation symbolique, ce dont témoignent de nombreuses maisons anciennes.
Au final, les hommes d’hier bâtissaient
DES CONSTRUCTIONS TRÈS DIVERSIFIÉES SUIVANT LES RÉGIONS,
MAIS D’UNE GRANDE HOMOGÉNÉITÉ DANS CHAQUE LIEU
Aujourd’hui, une architecture avec et sans architectes
Les
transformations sociales qui touchent les territoires de montagne bouleversent les pratiques de construction. Les carrières locales et la forêt toute proche sont remplacées par des fournisseurs proches ou lointains et des magasins de bricolage qui proposent
des matériaux en grand nombre, mais similaires d’une région à l’autre.
Les concepteurs se sont diversifiés, des industriels et des architectes travaillent aux côtés des artisans locaux.
Les innovations techniques rendent possibles
de multiples réponses aux contraintes topographiques et climatiques.
Les modèles se sont multipliés : architecture d’imitation, « gestes » architecturaux, formes banalisées...
Mobilité géographique, explosions des structures familiales anciennes, diversité des modes de vie et d’habiter : aujourd’hui,
les sociétés montagnardes apparaissent hétérogènes et métissées, comme leurs homologues des plaines et des villes. Plusieurs cultures se côtoient dans un même lieu.
Les lieux de travail sont généralement
éloignés des lieux de vie. La
relation au paysage, fondée hier sur les pratiques quotidiennes de subsistance, est
absente ou mythifiée, liée généralement aux loisirs ou au temps libre. Dans une société très individualisée et sans lien intime avec la nature, la dimension du collectif est gérée par des réglementations fondées sur des a priori esthétiques qui banalisent l’architecture.
Au final, les hommes d’aujourd’hui bâtissent
DES CONSTRUCTIONS TRÈS HÉTÉROGÈNES DANS CHAQUE LIEU,
ET POURTANT BANALISÉES D’UNE RÉGION À L’AUTRE
Chaque projet est singulier

Lève-tôt ou couche-tôt, célibataire, jeune couple avec enfants en bas âge, familles recomposées, seniors accueillant leurs enfants devenus adultes, adepte du cocooning ou appréciant les activités d’extérieur quel que soit le temps... :
autant de manières d’habiter que de personnalités et de situations familiales. Le besoin de chauffage ou de fraîcheur, le désir d’espaces plus ou moins cloisonnés, la sensibilité au bruit, la notion d’intimité, le rapport à la nature, la simplicité plus ou moins affirmée des équipements, la taille et le nombre des baies, la décoration intérieure... : tout varie selon les origines sociales, les appartenances, les histoires de vie de chacun.
Construire c’est un acte de vie

Pour le futur habitant, construire une maison, c’est
un projet de vie très intime, qui puise ses sources dans l’enfance et qui l’engage dans la durée. Ce projet est lié à d
e multiples rencontres entre des hommes et des femmes qui doivent
s’engager ensemble pour assurer son aboutissement : le porteur du projet, le concepteur, les bâtisseurs, mais aussi les techniciens des administrations, les élus ... Chacun d’entre eux a ses propres imaginaires, ses manières de vivre et d’habiter, ses savoir être et ses savoir faire. Construire, c’est un
acte matériel qui engage la culture de chacun.
Chaque lieu est singulier

Les relations de l’homme aux éléments naturels sont tout à la fois
des adaptations matérielles et des
constructions symboliques dont nous ne sommes pas forcément conscients. Au-delà des aspects techniques, la démarche de
construire est en lien avec le monde du vivant. Bâtir en relation étroite avec le paysage, c’est développer une
attitude sensible source de créativité. C’est prendre conscience que
chaque lieu est singulier et qu’il appelle une
réponse particulière loin des maisons standardisés des catalogues.
Construire engage l’avenir
Construire aujourd’hui dans un Parc naturel régional, c’est
se positionner par rapport à une architecture d’imitation banalisée. C’est réfléchir à la relation que l’on a avec la nature et le paysage : comment bâtir dans un espace de qualité ?
Agir aujourd’hui fonde le patrimoine de demain.
Aujourd’hui, une complexité riche de possibilités

des réponses techniques multiples face à des contraintes géographiques, climatiques et topographiques

des manières d’habiter différentes selon la culture de chacun

des manières de construire différentes selon les bâtisseurs
Construire c’est choisir

choisir un lieu où s’installer, choisir le mode de vie que l’on souhaite

choisir une posture, en amont des choix constructifs, qui se définit par la manière d’habiter et le projet de vie dans le lieu qu’on a choisi

choisir une implantation, des matériaux, des techniques constructives en accord avec la posture décidée.
Pour un même lieu, plusieurs projets très différents peuvent exister
Pour un même projet, les réponses vont varier suivant les lieux
IL N’EXISTE PAS UNE SEULE REPONSE PAR LIEU OU PAR PROJET,
MAIS TOUJOURS PLUSIEURS REPONSES POSSIBLES.